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La Charte des Soins Palliatifs

Charte des soins palliatifs et de l’accompagnement
(Charte de la SFAP)
Énoncée en 1984 – Mise a jour en 1993, 1999 et 2000



 

1. « Les Soins Palliatifs sont des soins actifs dans une approche globale de la personne atteinte d’une maladie grave évolutive ou terminale. Leur objectif est de soulager les douleurs physiques ainsi que les autres symptômes et de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle »

2. En plus du soulagement de la douleur physique qui est un préalable, il faut prévoir un ensemble d’attitudes et de comportements adaptés à l’état du malade souvent angoissé physiquement et moralement. Cela constitue l’accompagnement.

3. L’emploi nécessaire des moyens de lutte centre la douleur physique se fera avec le souci de ne pas altérer autant que faire se pourra, la conscience et le jugement du malade.

4. Sont au même titre considérées comme contraires à cet esprit deux attitudes : l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie. L’acharnement thérapeutique peut être défini comme l’attitude qui consiste à poursuivre une thérapeutique lourde à visée curative, qui n’aurait comme objet que de prolonger la vie sans tenir compte de sa qualité, alors qu’il n’existe aucun espoir raisonnable d’obtenir une amélioration de l’état du malade. Par euthanasie, on entendra toute action ayant pour dessein de mettre fin à la vie du malade. Par ailleurs, il ne sera pas privé sans raison majeure jusqu’à son décès, de sa conscience et de sa lucidité.

5. Une attitude générale de franchise vis-a-vis du malade, quant à la nature ou au pronostic de sa maladie est généralement requise pour assurer l’accompagnement de la meilleure qualité possible. Toutefois, les circonstances psychologiques sont trop variées pour que cette recommandation puisse être formulée autrement qu’en termes généraux. Il s’agit d’un idéal auquel il convient de tendre.

6. Pour soutenir la personne en phase terminale s’impose l’intervention d’une équipe interdisciplinaire comportant, autour des médecins, des membres des différentes professions paramédicales concernées (infirmières et aides-soignantes, psychologues, kinésithérapeutes, diététiciens etc.). Y sont associés les représentants des différentes religions dont se réclameraient les malades hospitalisés. La prise en compte des besoins spirituels, particulièrement en cette phase de l’existence, paraît en effet essentielle, dans le respect le plus absolu des options religieuses de chacun.

7. Les bénévoles qui acceptent d’apporter un soulagement au malade, de participer à son ultime accompagnement sont considérés comme des collaborateurs précieux de l’équipe de soins. Ils veilleront à ce que leur action n’interfère, en aucun cas, avec la pratique des soins médicaux et paramédicaux. Ils ne devront s’adonner à aucune pratique, technique ou méthode étant présentée comme étant, ou pouvant être une ressource thérapeutique substitutive, adjuvante ou complémentaire de celle prescrite par le médecin. Leur rôle est de conforter, par leur présence attentive, l’environnement social et affectif du malade et de son entourage. Les bénévoles auront été préparés spécialement à cette présence discrète et ils seront soutenus psychologiquement tout au long de leur action.

8. Un effort tout particulier pour accueillir et soutenir les familles est aussi considéré comme une des caractéristiques essentielles des soins palliatifs et de l’accompagnement en soins palliatifs. II s’agit a la fois de permettre au malade de réaliser des vœux ultimes, et s’il le désire, de renforcer et éventuellement de renouer ses liens affectifs lors de ses derniers moments. II convient également de préparer au deuil de la famille et les proches et de les aider moralement après le décès.

9. Les équipes de soins palliatifs et d’accompagnement, quel que soit leur lieu d’exercice (Unité spécialisée fixe ou mobile, à domicile, service hospitalier) auront à cœur de contribuer à la formation du personnel médical et paramédical des bénévoles ainsi qu’à la propagation des principes énoncés dans la présente charte. Les adhérents à la charte susciteront la création de nouveaux foyers et l’adhésion de nouveaux participants à leur action.