

n'était alors, pas encore "identifiée soins palliatifs".
est assez déprimée et pleure beaucoup. Son fils de 15 ans est auprès d'elle. C'est lui qui a demandé à avoir un lit pour passer la nuit auprès de sa maman. Tendrement, il la caresse, l'embrasse. L'amour, la complicité offrent un tendre tableau. Alors que Colette s'apprête à quitter la chambre après de longs échanges, tout en promettant de repasser avant de quitter la clinique, son fils insiste pour qu'elle n'oublie pas.
me parle du plaisir qu'elle a pu éprouver lorsque son fils de 15 ans a demandé de passer deux nuits auprès d'elle. L'aîné quant à lui préfère la revoir au plus vite à la maison. Heureuse également des images et prières pieuses que lui a procuré Colette à sa demande, et qu'elle a installées précieusement auprès de Sainte Rita qu'elle affectionne tout particulièrement. Après le partage d'un cappuccino crémeux, je la laisse se reposer un peu.
est sortie de son coma pour lui dire : Moi aussi, je t'adore. Février 2009 - Fleur - 30 ans - Tumeur au cerveau
Je l'appellerai Fleur, d'une part pour respecter l'anonymat de la famille, mais aussi Fleur parce qu'elle en est encore au Printemps de sa vie, mais que demain elle peut se faner d'un coup, d'une minute à l'autre, sous le couperet intraitable de celle que l'on surnomme "la grande faucheuse".
Fleur a 30 ans, et un charmant petit garçon dont elle aimerait plus souvent être câlinée. Mais il est encore jeune, et ne comprend pas qu'il n'a pas une maman comme les autres, le visage meurtri et déformé par la maladie qui suinte de tous ses pores.
Alors, au-delà de sa souffrance physique, Fleur souffre dans sa chair, dans son cœur de maman.
Ce cœur tout rose qu'elle a reçu en cadeau, moelleux, tout doux au toucher, et qu'elle serre tout contre elle pour s'endormir.
Fleur qui n'en finit pas de se gratter cet oeil gros comme un oeuf, et qui ne sait plus s'ouvrir. Le deuxième prend d'ailleurs le même chemin, et elle est obligée de soulever sa paupière pour essayer d’entrevoir une ombre, un contour déformé.
Une photo de ses 20 ans nous rappelle que c’était une jolie fille : c’était avant la maladie nous dit-elle… mais elle n’en dira pas plus, elle n’évoque jamais la maladie.
Son traitement la fait dormir, dormir encore et encore.
Nous sommes 3 bénévoles à nous relayer à son chevet.
Personnellement, lorsque je la vois ainsi dormir profondément, je lui prends la main et lui « parle en silence » toujours avec un grand sourire, comme si je m’adressais à celle qu’elle était, et qui rayonnait de son si tendre sourire.
Et j’aimerai la laisser ainsi dormir, m’octroyant le droit de penser « pendant ce temps là, elle ne souffre pas » !
Et en même temps, je sais qu’elle affectionne tout particulièrement notre présence. Le personnel soignant nous confirme d’ailleurs que depuis nos visites, elle est beaucoup plus calme, moins agressive, et dort mieux la nuit.
Dès qu’elle a conscience d’une présence, elle s’y accroche de ses deux mains, et cherche les nôtres pour se les accaparer : rester ainsi, ne plus bouger, le temps s’arrête… mais tu peux parler ! dit-elle d’un ton assuré… parce qu’elle a aussi besoin « d’entendre » la présence.
Elle est très en demande de ce toucher/affectif, et c’est là qu’une fois encore, je donne toute la puissance de la dimension relationnelle dans le toucher au travers de la formation que j’ai reçue, et qui a mes yeux, est très importante.
Un relationnel qui peut aussi se faire dans le silence, et ou dans l’intimité d’une pensée : tout peut être dit.
Danièle, Hélène et Marie-Anne